8 jours au Canada : bilan !

Nous avions initialement prévu de rester 33 jours au Canada : la moitié du temps en Colombie-Britannique / Alberta et l’autre moitié au Québec. C’était notre dernier pays de ce voyage et c’était aussi un pays qui nous faisait rêver depuis longtemps.

Cependant, le destin – enfin surtout nous ! – en aura décidé autrement : au bout du 7ème jour de voyage, à Jasper en Alberta, nous avons décidé de rentrer. Non pas que nous n’ayons pas aimé le Canada. Du peu que nous avons vu, nous sommes convaincus que c’est un pays qu’on aurait adoré. Mais à un autre moment, et dans d’autres conditions. Expliquons-nous, car cela peut sembler étrange. ” Ils ont encore plus de trois semaines de vacances et ils rentrent ! Sont fous, ces Marshaux ! “

Avec le recul, nous voyons 4 raisons principales : la proximité du retour, les galères du roadtrip, un rythme cassé à plus de 10 mois du départ et un début de lassitude du voyage.

En effet, la première raison est que nous ne vivions plus dans le présent mais que nous nous projetions dans l’avenir. Au Canada, nous savions de quoi serait fait notre retour en France (et il nous plaisait). Du coup, nous avions hâte d’y être et passions par exemple nos après-midi pluvieux à regarder des annonces immobilières ! Ce n’est pas comme en vacances où tout est déjà prêt pour le retour. Nous n’avons (quasiment) plus rien : tout est à reconstruire. Nouveau boulot, nouvelle ville, nouveau logement, nouveaux meubles, nouvelle gueule (passer chez le coiffeur est une nécessité !), nouveau conjoint (ah non, me*** ça on garde !) …. Même nos anciens vêtements, désormais trop grands, doivent être rachetés ! #ouinouin

A l’instar par exemple de la Nouvelle-Zélande, nous savions également que nous venions ici pour la nature, pour l’aventure, pour la liberté mais pas pour la culture, la gastronomie ou encore le dépaysement. On a adoré nos précédents roadtrips, mais on sait qu’ils s’accompagnent de galères, de solitude, de questionnements. Le froid de la tente, les douleurs parce qu’on dort sur un mauvais matelas, l’absence de douche, l’internet qui ne capte pas… Autant de petits détails qui fatiguent bien plus quand cela fait plus de 10 mois qu’on est loin de chez soi. Tu as l’impression de vivre un roadtrip qui pourrait sortir d’un film, sauf que toi, tu n’es pas filmé quand tu dors dans ta voiture parce qu’il y a des éclairs méchants dans l’air ! D’un seul coup, sans même que tu t’en rendes compte, tu te surprends à rêver simplement d’un bon lit chaud, et à regretter un poil la vie nomade.

Le troisième point est plus circonstanciel: nous avions cassé le rythme et il était dur de repartir. Un peu comme quand vous sortez courir 10 bornes et que vous commencez à marcher au 9ème kilomètre (oui, en tant que grands coureurs dans l’âme – surtout les 36 du mois – on s’est dit qu’une analogie dans ce domaine serait appropriée !). Il est alors bien plus difficile de s’y remettre que si vous ne vous étiez pas arrêté du tout ou si vous aviez fait une pause seulement au 5ième kilomètre ! Eh bien, Cindy était rentrée 15 jours en France à la fin juin, nous nous étions accordés des “vacances” peut-être trop longues au Costa Rica et Patrick commençait vraiment à ressentir le manque de la maison, lui qui n’y était pas revenu depuis septembre dernier. Bref, il était difficile de courir le dernier kilomètre et plus simple de prendre le bus qui permet de revenir instantanément chez soi.

Enfin, le dernier point est celui de trop. Nous aurions probablement pu surmonter les trois premiers et continuer, mais pas avec celui-là. La lassitude. La lassitude de tous ces petits aspects quotidien du voyage. Il y a des paysages incroyables, idéalisés par Instagram ; dans la réalité, tu n’as parfois plus envie d’aller les voir, à cause de la météo qui t’empêche de les distinguer ou des 5000 autres touristes qui te cernent. Financièrement, on savait qu’on explosait notre budget mais on n’avait plus non plus l’envie de compter ou de se priver davantage. En termes d’organisation, on savait qu’on était à l’arrache, mais on n’avait pas l’envie de se renseigner ou de réserver en avance. On n’avait même plus l’envie de marcher alors qu’on adore les treks ! Bref, on a tout simplement eu l’impression d’être au Canada parce que c’était sur l’itinéraire initial et pas parce qu’on en avait envie. Vous vous demandez probablement pourquoi on n’avait plus envie. Et vous, pourquoi avez-vous envie certains jours de manger un burger et d’autres de déguster des sushis ? Vous ne savez pas ? Eh bien, nous non plus !

Comme on voulait conserver cette envie de voyager, on a senti qu’il était temps de rentrer avant de faire “un trop plein” et de repartir avec une amertume. On fait suffisamment de choses par obligation dans la vie, alors là, pour une fois, on a tout lâché et on a fait ce qu’on voulait. On voulait rentrer. Pour mieux repartir par la suite. Au Canada ou ailleurs.

En 8 jours, il serait bien prétentieux de dire que nous avons vu le Canada. Comment connaître le deuxième pays le plus grand du monde en une semaine ? Nous avons été à Vancouver pendant 2 jours, puis nous avons fait un roadtrip pluvieux jusqu’à Jasper pendant 5 jours et enfin nous avons passé une dernière journée extraordinaire sur la route entre Jasper et Calgary via Banff. Malgré (ou peut-être grâce à ?) notre départ anticipé, nous en gardons un très bon souvenir. Nous avons donc décidé de nous lancer dans l’écriture d’un rapide bilan, plus sur ce bref voyage à l’Ouest que sur le Canada en règle générale.

Nous y aurons fait:

– 1250€/tête : heureusement qu’on n’a pas continué cette tendance linéairement…

– 1 hébergement et 4 campings

– 1 taxi, 1 voiture “K2000”, 1 bus et 9 métros

– 37 kms à pied

Les plus👍

Les lieux

– les paysages des Rocheuses : INCROYABLES ! Nous n’avons pu observer les montagnes que lors de notre dernière journée sur place, sur la route vers l’aéroport. Néanmoins, nous avons été scotchés tout du long et avons fait plus d’une pause pour pouvoir immortaliser ces paysages enchanteurs. Des montagnes de toutes les formes, une végétation de sapins verts et rouges remontant au plus haut des pics enneigés, des lacs à l’eau claire et translucide… Une dernière énorme claque visuelle.

– les grands espaces : dans l’imaginaire du voyage lié au Canada, on pense tout de suite aux grands espaces. Eh bien, même sous la pluie, c’est exactement ça : de longues routes au milieu d’une nature époustouflante et immense ! C’est donc une vraie aventure de voyager là-bas. Attention toutefois aux distances, qui sont parfois plus longues qu’il n’y paraît, et au vide. Le café le plus proche peut se trouver à 3h de route ! Quand nous avons traversé le Canada en avion de nuit, nous nous sommes vraiment rendus compte des distances, tout simplement gigantesques.

– Vancouver : ce fut la seule ville canadienne que nous avons visitée pendant ce séjour et nous l’avons trouvée vraiment très sympa avec son ambiance cosmopolite, ses montagnes alentours, ses parcs verts, ses plages, son climat doux. Nous n’y sommes restés que 2 jours, mais à première vue, c’est une ville où il semble très plaisant de vivre.

Les gens

– l’hospitalité canadienne : nous avons été enchantés par l’accueil des Canadiens. Notre premier Airbnb nous aura même attendus jusqu’à 2h du matin pour nous ouvrir la porte, avec le sourire et une bouteille d’eau fraîche ! Même en période estivale, nous avons eu affaire à des gens qui savent mettre à l’aise, qui sont souriants, et qui semblent très ouverts sur les autres. On nous a par exemple naturellement demandé plus d’une fois d’où l’on venait ou ce que l’on faisait au Canada.

La gastronomie

– Tim Hortons : Tim Hortons est une chaîne canadienne de restauration rapide, entre Starbucks et McDonald’s. Ce n’est pas fameux, mais comme c’est très populaire au Canada, il y en a presque partout ! Ses prises et son wifi auront été plus d’une fois nos sauveurs de la pluie.

La vie quotidienne

– les infrastructures et la facilité de voyager : il y a toutes les infrastructures nécessaires à un voyageur (toilettes, visitor’s center,…). Bien sûr, tout est pris d’assaut l’été mais les Canadiens ont fait les choses bien, et ça, ça fait plaisir du fin fond de sa K2000 !

– la conduite et le roadtrip : ici, c’est le bonheur pour les roadtrips ! Pas de péages, des grandes routes larges et bien entretenues et surtout un comportement très (trop ?) respectueux des automobilistes ! Ça nous a beaucoup surpris de voir les voitures s’arrêter systématiquement pour les piétons. La conduite trop tranquille de Charly le bûcheron aura quand même réussi plus d’une fois à faire enrager Patrick, qui représente le calme incarné au volant (#ironie) !

– la propreté : c’est propre, c’est moderne, c’est épuré. Bref, un petit choc de revenir dans un tel pays après plusieurs mois en Amérique latine.

– la sécurité : taux de criminalité faible, délinquance quasi inexistante, la société canadienne est sûre et peu violente. Néanmoins, un problème urbain majeur que nous avons pu observer à Vancouver a été le taux de sans-abri : dans certains quartiers très localisés, la misère nous a sauté aux yeux.

– les ours et les caribous : sans même faire de randonnées, nous avons pu en observer ! C’est le cliché de la faune canadienne mais c’est trop meuuuugnon (oui, oui même les ours, qui ne sont autres que des cousins éloignés de Patrick en fait) ! Bon, on sait qu’ils peuvent quand même être dangereux comme nous le rappellent les 47 687 panneaux à l’entrée des sites : du coup, on a pu observer la maman de Bambi et petit ours brun, mais à bonne distance !

– les panneaux de signalisation canadiens : pendant un roadtrip canadien, on peut parfois beaucoup rire en lisant les panneaux ! Entre les panneaux originaux sur la faune locale ou bien les noms de lieu insolites (oh oui, nous sommes à Rivière-Caribou !), on a souvent bien rigolé. Un grand merci à nos amis Canadiens pour cela !

Les moins👎

La culture

– la vie à “l’Américaine” : on décrit souvent le Canada  comme un savant mélange entre culture européenne et américaine. Dans l’Ouest du pays, nous avons eu tendance à voir cette balance pencher du côté des États-Unis avec de très fortes ressemblances dans le style de vie. Personnellement, on n’est pas trop fans de certains de ces aspects : culte du gros 4*4, du gros magasin, du gros frigidaire, enfin du GROS quoi !

Les gens

– l’accent québécois : que des barres 😂 ! On adore nos amis québécois, qui ont été présents en nombre (en tant que touristes) pendant notre séjour, mais on ne peut s’empêcher de rigoler devant leur accent surtout quand ils y insèrent un mot anglais. Bon, c’est réciproque de leur côté paraît-il alors c’est de bonne guerre ! Tabernacle !

La gastronomie

– la malbouffe et ses petits prix : retour dans un pays anglo-saxon avec de la malbouffe ! Difficile de passer à côté du burger qui est partout… Nous avons été vraiment surpris par les prix de la junk food : deux fois moins chère qu’en Australie ou même trois fois moins chère qu’en France. Ainsi, les fast-foods ne désemplissent pas, mais nous, qu’est-ce qu’on regrette les salades des brasseries françaises !

– le peu de gastronomie : une fois qu’on a cité les pancakes au sirop d’érable et la poutine québécoise, on se demande bien ce qu’on va pouvoir goûter de typiquement canadien ! Bah, pas grand chose hein… Honte donc à nous : nous avons surtout mangé des plats asiatiques, cuisinés avec le fameux combo wok/réchaud de camping !

La vie quotidienne

– les trains de marchandises : au Canada, les convois de trains de marchandises sont loooooooooooongs mais alors looooooooongs. Pour des raisons de sécurité, la longueur maximale a été limitée à 3,7km ! Oui, c’est assez dingue, hein ? Ce qui nous a juste un peu gênés, c’est qu’ils passaient TOUJOURS à côté du camping où nous dormions, à toute heure du jour ou de la NUIT ! Une vraie malédiction : vous imaginez bien que vu la longueur de l’engin, on le sent bien !

– la météo : il est censé y faire très froid l’hiver mais aussi très chaud l’été. On pense cependant que c’est un mythe pour attirer le touriste ! Nous aurons eu beaucoup de pluie et des températures bien fraîches pendant tout notre roadtrip. C’est malheureusement un facteur sur lequel on ne peut rien, mais qui n’est jamais agréable, surtout quand on campe.

– les prix : notre portefeuille a eu très très mal au Canada. En plein été, les prix s’envolent à des niveaux astronomiques ! Tout nous a semblé bien plus cher que dans les autres pays “riches” (Australie, Nouvelle-Zélande), où nous sommes également allés en haute saison. En Australie, la vie est assez chère mais on peut trouver des auberges de jeunesse accessibles car le pays regorge de backpackers. Ici, impossible de passer une nuit à Vancouver à moins de 60€. Et encore, pour ce prix, vous avez une chambre basique chez l’habitant située à plus d’une heure du centre-ville ! Tout est très vite réservé en Alberta et Colombie-Britannique, et les seuls hôtels disponibles en dernière minute ne proposent rien à moins de 200€ la nuit. Ça peut passer pour des vacances, mais pas vraiment pour un tour du monde… Il faut s’y prendre bien en avance ! La meilleure solution reste donc le camping, mais même en tente, ce n’est pas si donné entre la location de voiture (oubliez le bus si vous ne voulez pas perdre trop de temps dans les transports !) et le camping en lui-même ! De plus, nous n’avons pas loué de campervan, comme en Nouvelle-Zélande, car nous avions fait un devis, avant même de quitter la France, qui était affolant ! Cela s’explique en partie par les frais de relocation, qui s’ajoutent lorsque vous louez un véhicule et le rendez dans un autre État. De plus, vu la distance, il y a de fortes chances de devoir prendre un vol intérieur, qui là aussi, est assez cher en cette saison. Bref, il faut prévoir beaucoup d’argent. De notre côté, nous avons explosé les chiffres de par notre manque de préparation mais aussi de par notre retour anticipé, qui nous a fait notamment payer un aller simple Calgary/Paris en plus, et perdre nos billets Calgary/Montréal (achetés en Amérique latine) et Montréal/Paris (achetés avec notre billet tour du monde). C’est le jeu ma pov’ Lucette !

– l’afflux touristique estival : qu’est-ce qu’il y a comme monde dans les Rocheuses l’été ! Nous pensons que c’est principalement lié au fait que la saison touristique canadienne est courte. Quoi qu’il en soit, il y a beaucoup de demande, ce qui explique les prix mentionnés ci-dessus et la nécessité d’être bien préparé ! Certains campings sont complets dès 10h ! Si c’était à refaire, on choisirait peut-être l’arrière saison quitte à prendre plus de risques côté météo.

– le camping : nous n’avons pas été spécialement emballés par les campings canadiens. Généralement, il n’y a pas beaucoup d’infrastructures, il faut arriver très tôt si on n’a pas réservé et c’est assez cher au vu du service offert. Certes, mais c’est nature, c’est propre, c’est spacieux et il y en a plein, pourraient rétorquer certains. C’est vrai mais, à ce stade du voyage et sous la pluie, nous avons plutôt vu le côté négatif du camping.

Vous avez compris que le Canada aura été le pays de trop pour nous. Pourtant, on y retournerait volontiers pour VRAIMENT découvrir le pays, qui a l’air extraordinaire à la fois pour ses paysages mais aussi pour ses habitants. Ce n’est donc probablement qu’un au revoir…

Aujourd’hui, nous postons cet article depuis la mère patrie, ce qui veut dire que nous arrivons bientôt à la fin de ce blog (snif, snif)… mais pas encore ! Loin de nous l’idée de vous abandonner comme ça ! On travaille d’arrache-pied pour vous fournir un bilan complet de ce tour du monde, et on vous avoue que c’est un peu un casse-tête pour trouver ce qu’on va bien pouvoir vous pipoter 😉. Heureusement, Cindy excelle dans ce domaine !

Et puis, dès que Patrick aura mis la main sur un nouveau bébé PC surpuissant, on pourra peut-être même vous monter une belle compilation vidéo !

Enfin, le plus important pour la fin : ce retour signifie surtout qu’on vous attend de pied ferme pour un verre de retrouvailles, à Paris ou à Toulouse !

Allez, à plus tard au bar !

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