27 jours au Pérou: bilan !

On fait souvent deux grosses erreurs quand on s’imagine le Pérou. La première est qu’on le voit comme un “petit” pays sur la carte en comparaison de ses immenses voisins que sont l’Argentine, le Chili ou encore le Brésil, alors qu’en réalité les distances sont immenses ! Au cours de ce petit mois, nous sommes uniquement restés dans la partie sud (de Puno à Lima) et avons décidé par manque de temps de faire l’impasse sur le nord et la partie amazonienne.

Malgré cela, la variété des paysages est immense, et c’est là la seconde erreur: alors que l’on s’attend à voir un pays vert comme sur les cartes postales du Machu Picchu, on avait par moment l’impression de changer de décor tous les jours, et d’être pour la majeure partie dans une zone très aride ! Quand on aime la nature, cela rend le voyage très appréciable.

De plus, le Pérou regorge de trésors culturels, architecturaux ou culinaires. Même si Cindy n’a pas pu en profiter pleinement, c’est incontestablement une de nos destinations coup de cœur de ce tour du monde.

Le fait de découvrir ce pays en compagnie de têtes connues, qu’elles soient famille (Anne-Marie) ou amis (Angélique), nous a aussi poussés à nous motiver pour aller explorer un maximum d’endroits (avec parfois un planning bien serré !), et à prendre un rythme de vacances et non un rythme de tour du monde (où l’on a tendance à voyager plus lentement et faire les feignasses l’impasse de temps en temps).

Enfin, les circonstances, – le départ d’Anne-Marie, l’arrivée d’Angélique, et l’aller-retour de Cindy en France -, ont fait que nous sommes restés un peu plus longtemps que prévu dans le pays (enfin surtout Patrick !).

27 jours au Pérou, c’est donc:

– 1201 € pour deux (27 jours pour Patrick, 11 jours pour Cindy)

–  10 hébergements et 2 nuits sous la tente

– 16 bus (dont 4 de nuit), 2 bateaux, 20 taxis (plus ou moins improvises), 6 collectivos, 1 buggy, 1 vtt, 1 voiture, 3 trains

– 175 kms à pied : ça a repris les treks !

 

Les plus 👍

Les lieux

– la variété des paysages: comme expliqué en introduction, le Pérou mêle une grande diversité de panoramas, tous aussi impressionnants les uns que les autres, et expliqués en partie par les grandes différences d’altitude. Bien que nous y soyons allés en début de saison sèche, nous sommes passés des hautes montagnes des Andes et de la jungle verdoyante entourant le Machu Picchu, à un désert lunaire, rocailleux et volcanique autour du Canyon del Colca, pour redescendre au niveau de la mer explorer la côte pacifique et ses déserts de sable, et enfin terminer par une autre chaîne de montagnes dans la Cordillère Blanche !

 

– la richesse du patrimoine: le pays regorge de trésors architecturaux issus d’une multitude de cultures différentes. On y trouve donc pêle-mêle des citadelles Incas, des églises espagnoles de style baroque, ou encore des vestiges laissés par la civilisation Nasca dans le désert d’Ica. Même si le choc des cultures n’a pas été tendre au cours de l’histoire, aujourd’hui tout semble s’harmoniser plutôt bien.

– le Machu Picchu: on ne présente plus cette merveille du monde moderne, qui croule aujourd’hui sous le tourisme de masse, mais qui reste une petite merveille d’ingénierie et surtout une claque visuelle au milieu de cette nature époustouflante.

– Cusco: une (longue) étape de ce tour du monde, dans laquelle on a apprécié poser nos gros sacs pour un peu plus d’une semaine. Ancienne capitale de l’empire Inca, elle est aujourd’hui devenue une véritable porte d’entrée obligée pour les treks et excursions vers le Machu Picchu. On a adoré son ambiance bohème entre la Bo’M (ok, on sort…), les petites ruelles piétonnes, les cafés, les boutiques d’artisanat local, les cathédrales, les petites places agréables et vertes, les marchés, les vendeurs ambulants…

Les gens

– l’honnêteté générale des Péruviens: ici, les gens n’essaient pas de gonfler les prix. Que ce soit pour des fruits achetés dans la rue ou des courses de taxi, le Péruvien ne va pas analyser trois fois la tête du pauvre touriste en calculant combien il peut en tirer, mais va simplement donner directement le prix qu’il donne à tous, ce qui est assez appréciable. Certes, les prix seront plus élevés de manière générale dans des villes comme Cusco, mais on n’a pas ressenti le besoin de tout négocier comme dans certains autres pays.

– la bienveillance naturelle des gens: nous avons globalement trouvé les locaux très accueillants et serviables, que ce soit dans les cafés, auberges, ou encore au milieu de nulle part pendant les treks. A Lima, nous avons ainsi pu discuter tranquillement avec une policière qui nous a expliqué certaines coutumes locales; à Cusco, Diana, une réceptionniste de la Bo’M, a tout naturellement passé du temps à nous écrire une procuration en espagnol pour le Machu Picchu; José le paysan nous a laissé camper dans ses parcelles au milieu du trek du Salkantay; notre auberge à Huaraz nous a ouvert sa porte très tôt le matin et ainsi permis de prendre un café avant de partir trekker… Un grand merci à eux !

– l’espagnol compréhensible : l’espagnol parlé est globalement très compréhensible (avec beaucoup de rrr roulés toutefois !) pour les pauvres gringos que nous sommes, comparé au Chili par exemple. De plus, les Péruviens ont tendance à faire un effort et à répéter plus lentement lorsqu’ils voient que vous êtes complètement paumés 🙂

– la non-insistance des marchands ambulants: ici, il est assez courant de se faire alpaguer pour se voir proposer des excursions, des churros (n’est ce pas Angélique ?) ou autres babioles dans la rue. Toutefois, les Péruviens ne sont pas insistants, et ne vont pas pousser outre mesure si vous refusez, ce qui est assez agréable.

– la débrouillardise: malgré le fait que la majorité de la population rurale soit relativement pauvre (on a souvent vu des agriculteurs avec des charrues et des animaux travailler la terre à la main), les Péruviens sont un peuple de débrouillards et de travailleurs qui savent se démener rapidement au moindre pépin. Nous sommes montés plus d’une fois dans des voitures d’un autre âge qui tombent en panne d’essence ou dont les roues bloquent au milieu de nulle part, et ni une ni deux, le temps que nous comprenions ce qui n’allait pas, nous voilà repartis grâce à des méthodes dignes de McGyver.

La culture

– les essentiels: dans les villages péruviens, y compris les plus reculés (des hameaux de 4 habitants au milieu de la jungle du Salkantay), on trouve toujours le strict minimum: une église et un terrain de foot. En effet, la ferveur religieuse est très importante, comme nous avons pu le constater avec les nombreuses offrandes faites par toute la ville de Lima à la Vierge qui s’occupe du bonheur au travail, ou encore les célébrations de Corpus Christi à Cusco. Pour le foot, impossible de passer à côté de l’intégralité des matchs de la coupe d’Amérique du Sud, tant le pays est à l’arrêt pour pouvoir se scotcher devant l’écran.

– l’animation permanente dans les villes: le Pérou est un pays agréable à vivre car il y a toujours quelque chose à fêter ! Ainsi, tout le temps où nous avons été à Cusco, la ville était en fête, avec danseurs, chanteurs, scènes et flash mobs qui se produisent jour et nuit !

– les traditions : comme le reflète le patrimoine, le pays a gardé beaucoup de traditions indiennes que la colonisation, même violente, n’a pas su faire disparaitre. Ainsi, lors des fêtes indiennes où l’on célèbre la Pachamama (la déesse Terre), les costumes colorés, tissés de manière ancestrale, sont mis en avant. Les femmes les plus vieilles les portent souvent, y compris pour travailler. Dans les petits villages, toutes sont habillées en couleur, alors que dans les grandes villes les costumes ont été remplacés par des tenues plus modernes.

– la musique : une étude empirique menée par les Dr Lefevre et Marshall a conclu que les Péruviens sont soit fans des Beatles (entendus à toutes les sauces), soit d’Alan Walker. Mais contrairement aux Beatles, après avoir entendu Faded en boucle pendant les 3h de montée vers la Laguna 69, elle a désormais rejoint le hall of fame des chansons blacklistées par les oreilles de Patrick.

La gastronomie

– Le pollo (poulet): il est partout ! (et ça, ça fait le bonheur de Patrick :)) On a l’impression, lorsqu’on débarque fraichement au Pérou, que les Péruviens ne mangent que ça à longueur de journée. On vous rassure, la gastronomie y est beaucoup plus variée et raffinée.

– le royaume du ceviche: ça nous a fait du bien de remanger du poisson, surtout quand il est préparé et cuisiné comme ça ! Ça n’a pas souvent été le cas pendant ce tour du monde, non pas parce qu’on en a pas trouvé, mais plutôt parce que dans beaucoup de pays c’est un pari risqué quand on aperçoit les bêtes étalées au soleil sans glace… Ici, le poisson, c’est bon, c’est frais, et surtout c’est LE plat national ! On a ainsi pu assister à une compétition de ceviches sur le front de mer de Paracas, et en déguster quelques uns qui resteront dans nos mémoires !

– la cuisine péruvienne: Lima est connue comme la capitale gastronomique d’Amérique du Sud grâce à un héritage culinaire venu des traditions coloniales. On ne comprend toujours pas pourquoi cette cuisine est aussi peu exportée et pourquoi il y a aussi peu de restaurants péruviens à l’étranger… Elle est tellement variée et raffinée ! Entre les spécialités telles que le lomo saltado (boeuf aux oignons), l’aji de gallina (émincé de poulet curry), ou les anticuchos (brochette de coeurs de boeuf grillés), il y a beaucoup à goûter ! Et, nous, world food tour oblige, quand on mange bien, on aime.

 

– les picanterias d’Arequipa: le concept de picanteria porte bien son nom… surtout lorsqu’on goûte un rocotto relleno (poivron farci avec de la viande TRÈS pimentée). Même pour nous qui aimons la nourriture épicée, ça ne rigole pas !

– la consommation de riz: saviez-vous que le Pérou est le premier consommateur de riz au monde par habitant, et ce devant les pays d’Asie ? Maintenant, oui.

– la variété de fruits: le pays vit beaucoup de l’agriculture, et cultive beaucoup de fruits. C’est ainsi que l’on a joyeusement incorporé l’avocat à notre repas de trek préféré (parfois cueillis devant notre tente) ou pris l’habitude d’ouvrir des granadillas (sorte de fruit de la passion) au petit-déjeuner 🙂

– le pisco et le pisco sour : le slogan de ce passage au Pérou restera indéniablement “deux pisco sour, c’est beaucoup trop !”. C’est en effet l’alcool national, produit à partir de vigne (eh oui !) laissée à fermenter pendant 7 à 20 jours, et dont le goût ressemble à la tequila. Le pisco sour est le cocktail phare du pays mélangeant pisco et citronnade, et décliné à toutes les sauces. Un alcool somme toute assez méconnu dans nos contrées mais très bon: la légende raconte que nous aurions payé des passeurs pour en ramener au pays… mais c’est pour vous faire goûter !

– les patates: il existe des centaines de variétés de patates (papas) dans les Andes et que chaque région a ses variétés spécifiques, jusqu’aux plus vieilles et rares espèces cultivées en montagne par des communautés reculées. Nous avons toutefois trouvé dommage qu’elles soient toujours cuisinées via les mêmes méthodes (bouillies et en frites), tout le contraire de la France où l’on a peu de variétés mais cuites selon mille façons différentes.

La vie quotidienne

– le sentiment de sécurité: contrairement à ce qu’on avait lu ça et là sur des agressions envers des voyageurs, on a trouvé le pays globalement sûr, même si on a bien évidemment souvent gardé les précautions d’usage. Cela vaut aussi pour les bus de nuit, où les attaques étaient répandues dans les années 90. Attention toutefois à bien choisir ses compagnies (Cruz del Sur ou Movilbus sont par exemple des valeurs sûres), car certaines ont très mauvaise réputation (Panamericana), avec des cas de chauffeurs bourrés et/ou s’endormant au volant, précipitant du coup le bus dans le ravin… La seule fois où nous avons choisi l’économie (pour un bus Puno/Cusco), le bus de la-dite compagnie n’est jamais parti (car en panne) et nous avons été placés chez une compagnie concurrente, avec 3h de retard !

– la qualité des infrastructures: malgré ce dernier point, les infrastructures sont tout à fait correctes, ce qui fait de la voiture de location une bonne option pour aller explorer certains coins par soi-même, et éviter les bus ou autres collectivos aux trajets interminables.

– les marchés: à l’image du marché San Pedro à Cusco, on y trouve de tout, des vêtements aux smoothies en passant par des cochons entiers ou des museaux de bœuf. Il est très agréable d’y flâner, on peut aussi s’y asseoir pour consommer des fruits frais ou manger comme les locaux au comedor.

– les douches: contrairement à la Bolivie, ici il y a globalement toujours de l’eau chaude dans les auberges/hôtels, mais c’est souvent sans compter sur un débit hyper faible, #fille #cheveux!

Les moins👎

Les lieux

– Puno: passez votre chemin, et allez voir le lac Titicaca côté bolivien avec sa Isla del Sol, qui vaut beaucoup plus le coup et est très jolie. La ville de Puno est sale et sa seule attraction, les îles flottantes, sont un attrape-pigeon sans aucun intérêt.

– les billets combinés: on a vivement regretté que certaines villes (Cusco notamment) ne proposent l’accès à leurs musées que sous forme de billets combinant 4 ou 16 musées, générant un coût prohibitif lorsqu’on souhaite n’en visiter qu’un. On fait donc l’impasse sur beaucoup ! Quant aux prix de l’accès au Machu Picchu, et encore plus du train qui y mène, ils sont tout bonnement scandaleux (l’Incarail est plus cher qu’un TGV français en weekend de chassé-croisé !). Bonjour le monopole.

– le mal d’altitude: la majorité du pays étant niché dans la Cordillère des Andes, et donc en très haute altitude, il faut nécessairement s’accorder des journées d’acclimatation pour éviter le mal d’altitude. C’est notamment le cas lorsqu’on passe de Lima, située au niveau de la mer, à Huaraz (3100m) ou Cusco (3500m).

– les distances: comme on le disait en introduction, le pays est très grand, et cela implique donc de faire beaucoup d’heures de bus, et cela rend relativement long le fait d’aller d’un point à un autre.

– les aéroports de Cusco et Lima: ils n’ont rien de spécial, ils sont très mal conçus, mais on les connait bien. On y a quand même été 3 fois chacun entre les départs / arrivées d’Anne-Marie, d’Angélique et de Cindy !

– les chemins de trek très peu balisés: même si le pays compte beaucoup de chemins de trek très célèbres (Camino del Inca, Salkantay), ceux-ci ne sont absolument pas balisés. On s’est ainsi retrouvés plus d’une fois à des embranchements sans savoir où aller, et, pour une fois, c’est soit notre bon sens soit maps.me qui nous ont sauvés ! (c’est dire…)

 

Les gens

– les effets du tourisme de masse: nous vous avions relaté nos mésaventures de changement de billet pour le Machu Picchu rendu impossible. Nous avons en effet trouvé que les Péruviens liés au tourisme autour de ce lieu et d’Aguas Calientes étaient à l’antithèse des habitants de ce pays, à savoir exécrables et désagréables.

La gastronomie

– le manque de légumes: malgré la qualité de la gastronomie péruvienne (attention, on est français donc il faut trouver de quoi râler !) on a eu tendance à se voir servir le quatuor de féculents, riz-pâtes-patates-manioc, voire tous ensemble ! On a parfois déploré le manque de légumes, et le fait qu’il fallait souvent chercher pour sortir du trio du jour (lomo saltado, cuy – qu’il faut prononcer couilles on vous rappelle – et aji de gallina).

La vie quotidienne

– la pollution: certains Péruviens ont encore du mal avec le fait de jeter leurs déchets dans une poubelle et non par la portière de la voiture. Même si beaucoup d’efforts sont faits par les villes pour mettre des poubelles et ramasser les ordures, on a trouvé dommage que certains sites comme les lignes de Nasca, pourtant classées au patrimoine mondial de l’Unesco, soient si sales.

– la pollution et temps gris à Lima: rien n’y fait, c’est pire que Londres, la grisaille perdure toute l’année !

– la pauvreté de la presse et des médias: ici, la presse consiste uniquement en des scandales financiers et de la corruption, ou bien de presse people. A côté de ça, la télé reflète bien le sexisme de la population: les hommes regardent le foot avec la coupe d’Amérique du Sud, pendant que leurs femmes regardent des talks shows de femmes écervelées en robe moulantes qui parlent potins et instagram. On en regretterait presque TF1, c’est pour dire !

– les constructions à tout va: nulle part nous n’avons aperçu de maisons ou bâtiments “finis”. Il reste très souvent du fer à béton à nu ou des briques à nu sur les pignons. Comme au Vietnam, on s’est demandé s’il n’y avait pas une sombre histoire d’impôts derrière tout ça…

– les collectivos et la circulation: les collectivos, c’est cool et peu cher, mais il ne faut pas être pressé ! Ils partent quand ils sont pleins (une quinzaine de personnes en général), donc ça met parfois du temps. De plus, ils s’arrêtent toutes les deux minutes et on peut monter/descendre à la demande à peu près n’importe où, ce qui créé des bouchons monstres dans les villes.

– le bruit ambiant très élevé: en rapport au point précédent, ici, on klaxonne pour un oui ou un non, et surtout après les collectivos ! Les pièces et chambres étant toujours ouvertes et/ou très mal isolées (même quand c’est précisé “au calme”), ce sont nos oreilles et notre sommeil qui ont pris cher pendant ce voyage.

– la conduite maladroite: même si ce n’est pas du tout le pire pays que nous ayons vu niveau conduite, les Péruviens conduisent un peu n’importe comment. C’est la loi du plus fort et des plus grosses, et doubler en montagne sans visibilité est tout à fait normal.

– les wifis: ils sont… pourris dans la très grande majorité des cas ! Ce qui n’a pas rendu chose pratique les entretiens Skype à distance (eh oui, les Marshaux reviennent aux choses sérieuses !) Heureusement, on n’a pas eu beaucoup le PC dans les mains tant il y avait à faire à l’extérieur.

 

Malgré ces derniers aspects, nous avons adoré le pays, qui est une très belle conclusion à ces 3 mois passés en Amérique latine. Il est temps maintenant de prendre quelques vacances dans les vacances au Costa-Rica, notre avant-dernier pays de ce tour du monde !

A tchao bonsoir !

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